Programmes
Les axes que nous nous sommes donnés nous ont menés à proposer différents programmes :
LA FRAICHEUR ET LE FEU
Poulenc Eluard
« enfin j’ai trouvé un poète lyrique, un poète de l’amour, qu’il s’agisse de l’amour humain ou de celui de la liberté » (Poulenc évoquant Eluard)
Eluard, Poulenc, deux grands artistes qu’apparemment tout éloigne, leurs milieux sociaux, leurs convictions politiques, leurs modes de travail, vont partager leur incommensurable amour des mots, leur passion pour la peinture, leur soif de liberté, dans une collaboration d’une puissance et d’une énergie rares.
L’amitié née de cette rencontre, fascinante par l’enrichissement qu’ils se sont apportés l’un à l’autre, a mis au monde une oeuvre d’une impressionnante intensité créatrice.
« Francis, je ne m’écoutais pas, Francis, je te dois de m’entendre » (Eluard)
Le duo Phidylé a souhaité ajouter à son répertoire l’intégrale de cette production.
Fidèle à sa volonté de décloisonner l’art du récital, le duo a voulu pour cette occasion faire appel à un poète pour scander l’interprétation des mélodies.
iokanaan, poète, comédien et musicien, par ses textes et son jeu, écrit et interprète ici un réel spectacle, hommage contemporain au surréalisme, construit sur une dramaturgie poétique, picturale et théâtrale.
Poète et comédien : iokanaan
Directrice artistique : Nadia Jauneau-Cury
(Les illustrations sont extraites du cycle « le travail du peintre »)
DUPARC
intégrale
Nous proposons un parcours qui permet de découvrir ou de connaître mieux la destinée singulière de Henri Duparc. L'aide judicieuse que nous avons trouvée dans l’admirable travail de Rémy Stricker aura été pour nous un guide précieux. Nous avons choisi d'émailler la succession chronologique des mélodies par des textes issus de ses lettres, de celles de sa famille et d’extraits d’articles afin que l'auditeur puisse entrer peu à peu dans les aléas de cette vie marqué par les contradictions : du bouillonnement créatif et torturé au renoncement si long et douloureux le menant à regretter de devoir vivre si longtemps dans de telles souffrances.
De sa fidélité à une longue tradition familiale catholique et réactionnaire à son admiration pour le romantisme en particulier baudelairien, de son amour inconditionnel pour la musique allemande et en particulier celle de Wagner qu’il a rencontré plusieurs fois, à son patriotisme flamboyant lui faisant revendiquer nombre de teutons envoyés ad patres, notre impression, au fur et à mesure que nous entrions dans son univers, fut celle d’un être torturé par ces contradictions, malade de ne pouvoir prendre clairement position entre des pôles inconciliables. La démarche religieuse, puis quasi mystique (d’un mysticisme très « soubirien »), qui a accompagné la longue deuxième partie de sa vie aura été celle du renoncement au romantisme, et par conséquent celle de l’acceptation progressive de la fin de son activité créatrice.
A chaque pas de notre progression dans son oeuvre, nous avancions dans un comportement de plus en plus « chambriste ». L'enchevêtrement des intentions, des couleurs, des rythmes, des phrases, nous a emporté de plus en plus loin dans une intimité étonnante entre les deux instruments.
Les choix que nous avons fait rendent possible une appréhension et une écoute différente de ces mélodies, parfois prédictions, parfois lecture du présent. De ce point de vue, le choix du chronologique, qui n’a pas été celui de Duparc lors de l’édition définitive de 1902, nous a paru très porteur de sens. En revanche, nous avons voulu respecter le choix qu’il a fait de laisser à la postérité 13 mélodies sur les 17 qu’il avait composées. Ce choix, qui correspondait à celui que nous aurions fait par appétence, nous paraissait fort judicieux.
Ce programme a été enregistré sous le label Indésens-Calliope
il a été récompensé d’un « choc Classica » en juin 2020
DON QUICHOTTE ET CERVANTES
… Moi, Miguel de Cervantes Saavedra, né le 29 ème jour de septembre de l’an de grâce 1547, je veux confesser devant Le Seigneur et les hommes, à ces jours de vieillesse de l’an 1615 et au lendemain de la parution de la deuxième partie de mon célèbre roman, mes péchés, erreurs, et les actes de ma vie…
Un spectacle mis en scène basé sur les magnifiques pièces mélodiques et opératiques écrites en l’honneur du célèbre hidalgo, destiné à évoquer l’aspect primordial de ce mythe, un des plus grands qui ait traversé les quelques siècles nous précédant.
Nous serons invités dans le bureau de Cervantès, où nous assisterons à la naissance et à la mort de son héros, à sa lutte pour exister, à leurs confrontations pour affronter de concert l’ivresse, la passion, les morts, l’héroïsme et la folie.
Ou comment le ridicule fait le héros, comment le prince des clowns peut évoquer, sans risquer les réactions d’une inquisition encore très puissante (dont il a déjà subi les foudres), le ridicule d’une église restée immobile dans un monde si changeant, renaissant.
Ce prisme nous permettra de proposer une lecture contextuelle du mythe, qui viendra prendre place parmi les nombreuses autres contributions induites par les incroyables puissance et longévité de ce chevalier à la triste figure.
Les irruptions de Don Quichotte lui-même lors de cette confession seront l’occasion d’interpréter :
Maurice Ravel, les trois chansons de Don Quichotte à Dulcinée
Jacques Ibert, les quatre chansons de Don Quichotte
Jacques Brel, extraits de l’homme de la Mancha Jules Massenet, Don Quichotte, extraits
Manuel De Falla, extraits des tréteaux de Maître Pierre (El retablo de Maese Pedro)
Metteur en scène : johan Roussey
VOYAGES HALLUCINES,
invitation en l’enfer des paradis artificiels
Le romantisme aura été un grand pourvoyeur d’hallucinations.
Nous avons choisi de partir du Wintereise, d’en extraire les moments les plus hallucinés et de les entrechoquer avec les moments de folie du finale des Dichterliebe, et avec les évocations les plus féeriques des mélodies de Duparc. Il s’agira d’une schubertiade hallucinée, plus proche des réunions entre Baudelaire, Gauthier et leur amis des paradis artificiels que des aimables rencontres que l’on qualifie en général sous ce terme.
Schubert, Wintereise :
die Wetterefahne (2)
der Lindenbaum (5)
die Krähe (15)
Täuschung (19)
die Nebensonnen (23)
der Leierman (24)
Schubert, Ausgewählte Lieder :
der Erlkönig
Schuman, Dichterliebe :
ich hab’ im Traum geweinet (13)
Allnächtlich im Traume (14)
Aus alten Märchen (15)
Die alten bösen Lieder (16)
Duparc, mélodies :
L’invitation au voyage
La vague et la cloche
Rosemonde
La vie antérieure
Berlioz, mélodies :
le spectre de la rose
Ces pièces seront scandées par des lectures d’extraits des paradis artificiels de Baudelaire, d’Aurélia de Nerval, d’une saison en enfer de Rimbaud, du corbeau d’Edgar Poe, et des chants de Maldoror de Lautréamont

